Dengue
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9 questions les plus courantes (et leurs réponses) sur la dengue

En circulation à La Réunion depuis 2017, le virus de la dengue s'est propagé rapidement depuis le début de l'année 2018. Le 10 juillet, le préfet a activé le stade 4 du plan ORSEC : épidémie de moyenne intensité. En février 2019 un nouveau renforcement des moyens de lutte était mis en place. On a répondu pour vous aux questions qui reviennent le plus souvent au sujet de la dengue. — Mis à jour le 18/02/2019

1. Le virus circule depuis des mois, que font les autorités sanitaires ?

Depuis le passage au niveau 3 "épidémie de faible intensité"du plan ORSEC le 27 mars dernier, c'est le préfet qui assure la coordination de la gestion de l’événement.

Ce passage au statut épidémie a engendré :

  • Le recrutement de 29 agents au sein du service de lutte anti-vectorielle de l’ARS OI.
  • La mobilisation de 40 pompiers volontaires en appui aux opérations de désinsectisation sur le secteur Ouest.
  • Le renforcement des actions dans les communes touchées par l'épidémie :
  • avec l'augmentation de la collecte des déchets, l’élimination des dépôts sauvages et autres gîtes productifs.
  • le renforcement du financement de l'Etat pour permettre le remplacement des contrats aidés arrivant à échéance.
  • Le contrôle hebdomadaire et la suppression des gîtes larvaires dans l’enceinte des bâtiments publics
  • la diffusion d’information de prévention auprès de la population.

Le 10 juillet, le préfet décidait du passage au niveau 4 du plan ORSEC : épidémie de moyenne intensité. Une intensification des actions menées a alors été entreprise:

  • Le renforcement des opérations de nettoyage dans les zones touchées par la dengue.
  • L'accélération du recrutement des contrats aidés intervenant sur les opérations de nettoyage de l’espace public, d’élimination des gîtes larvaires, de sensibilisation de la population en porte-à-porte ou auprès de structures d’accueil du public, etc…
  • L'activation du RSMA avec la mise à disposition de 32 volontaires accompagnés de 4 encadrants pour intervenir sur le terrain.
  • Le déploiement de volontaires au service civique pour renforcer l’information du grand public.
  • La distribution de répulsifs.
  • La sensibilisation des médecins et des pharmaciens pour rappeler l’importance de prescrire une confirmation biologique aux personnes présentant les symptômes de la dengue et la nécessite de promouvoir les gestes de prévention.
  • Le renforcement de la communication pour rappeler à la population les gestes de prévention.

Après une période de circulation à bas bruit, l'épidémie a redémarré au début de l'année 2019 entraînant un nouveau renforcement des équipes de lutte anti-vectorielle sur le terrain : 

  • 90 agents de la Lutte Anti-Vectorielle de l’ARS Océan Indien,
  • 30 sapeurs-pompiers du SDIS,
  • 40 agents du RSMA.

Leur mission : intervenir au plus vite sur les foyers naissants de dengue et les zones autour des cas signalés.

2. Il y a des cas de dengue dans mon quartier, pourquoi personne n'est venu démoustiquer ?

En raison du grand nombre de cas de dengue, il n'est pas possible d'intervenir dans tous les quartiers touchés. Les traitements interviennent donc en fonction de la circulation du virus dans la zone concernée :

  • Les opérations de pulvérisation de nuit sont privilégiées dans les quartiers les plus touchés, à Saint-Paul et Saint-Pierre. Les habitants des zones concernées sont informés avant le passage des pick-up équipés d'appareils de pulvérisation par un avis dans leur boite aux lettres.
  • Dans les quartiers moins impactés, c'est le traitement en porte à porte de jour qui est privilégié. Les agents sont alors équipés d'appareils de pulvérisation portés à dos.

3. Il y a des eaux stagnantes sur la voie publique près de chez moi, je préviens qui ?

Le 0 800 110 000 est le numéro vert à votre disposition pour des compléments d’informations sur :

  • Les moustiques,
  • La dengue,
  • Les conseils de prévention,
  • Les modalités d’intervention.

4. Qu'en est-il de la résistance des moustiques aux produits insecticides ?

Les opérations de démoustication conduites par les équipes de Lutte Anti-Vectorielle (LAV) impliquent l'utilisation d'insecticides afin de tuer les moustiques. Mais il y a des limites à leur efficacité : les moustiques peuvent sur le long terme développer une résistance à ces produits, qui deviennent donc moins efficaces. 

C'est l'utilisation massive et répétitive des mêmes insecticides qui a conduit à une résistance des moustiques au niveau mondial. Si des chercheurs du monde entier sont aujourd'hui mobilisés pour comprendre les mécanismes de résistance mis en oeuvre par les moustiques, une chose est sûre : il ne faut pas abuser des insecticides. Leur utilisation intensive favorise la résistance des moustiques et ne suffit pas à les éliminer. C'est pourquoi les mesures de prévention comme l'élimination des déchets et des gîtes larvaires dans les jardins sont essentielles. Car si les gîtes larvaires ne sont pas éliminés, les œufs et larves donneront rapidement de nouveaux moustiques adultes.

À retenir :

  • L’utilisation de produits insecticides est nécessaire autour des patients atteints de maladies vectorielles pour prévenir la contamination de personnes non malades.
  • Elle doit être évitée autant que possible dans les autres situations.
  • Les mesures de prévention comme l'élimination des gîtes larvaires sont essentielles.

Attention, il ne faut pas confondre les produits insecticides, notamment utilisés par les services de la LAV, et les répulsifs qui comprennent les spray à vaporiser sur la peau et les vêtements par exemple.

5. Combien d'habitations démoustiquées depuis le début de l'épidémie ?

Au total, en juillet 2018 on dénombre :

  • Près de 20 740 contrôles de cours et de jardins chez des particuliers.
  • Environ 3 800 maisons identifiées avec des gîtes larvaires et plus de 5 000 gîtes larvaires éliminés.
  • La réalisation de traitements insecticides de jour dans les cours et jardins de plus de 9 100 maisons.
  • Des opérations de traitements insecticides de nuit ayant couvert près de 20 000 maisons ces 4 dernières semaines.

6. Quels risques pour les animaux domestiques ?

Les habitants des zones concernées par le passage des agents de la LAV sont informés par un avis de démoustication distribué dans leur boîte aux lettres avec les recommandations à suivre.

Il y est précisé : "Aux doses utilisées, le produit insecticide (la deltaméthrine) ne présente pas de danger pour les animaux à sang chaud (chien, cabris, poules…), mais il peut être toxique pour les animaux à sang froid (poissons, tortues…)."

Télécharger les recommandations relatives aux opérations de démoustication

7. Quels risques pour l'été 2018-2019 ?

Deux possibilités :

  • Avec la poursuite de la circulation du virus cet hiver, l'arrivée de l'été avec son lot de pluies et de chaleur risque de donner lieu à une épidémie majeure rappelant l'épidémie de chikungunya qui avait frappé l'île en 2006.
  • Deuxième option : le maintien de la circulation du virus de la dengue sur l'île de manière pérenne. On parle alors d'endémicité du virus.

8. Existe-t-il un vaccin contre la dengue ?

Oui mais il ne sera pas déployé. La découverte fin 2017 des effets aggravants du vaccin en cas de contamination chez les sujets n'ayant encore jamais été infectés a refroidi les espoirs.

Le contexte épidémique réunionnais a conduit le Haut Conseil de la Santé Publique à émettre un avis sur la nécessité de vacciner les habitants de l'île :

" Le Haut Conseil de la santé publique ne recommande pas l’introduction de la vaccination contre la dengue à La Réunion [ ...]. L’impact de cette vaccination dans les pays de basse incidence ne peut être évalué, et dans ces essais cliniques l’efficacité vaccinale n’a pas été démontrée chez les personnes n’ayant jamais été en contact avec le virus."

Des recherches sont toujours en cours pour trouver un vaccin plus efficace.

9. Où en est l'étude de nouveaux moyens de lutte contre le moustique tigre ?

Depuis 2009, le Ministère de la Santé et l’ARS accompagnent le développement de la Technique de l’Insecte Stérile (TIS) à la Réunion. Qu'est ce que c'est ?

La technique mise au point par les chercheurs de l'Institut de Recherche et de Développement de La Réunion consiste à lâcher des moustiques mâles stérilisés afin qu'ils s'accouplent avec les femelles sauvages pour produire des pontes non viables. Objectif :  diminuer la population de moustique. 

Après les essais en laboratoires, les lâchers tests de mâles stériles en milieu naturel ne devraient pas tarder. Les chercheurs sont en attente d'un accord des autorités locales et de la publication d'un arrêté préfectoral. 

L'utilisation de cette technique n'est donc pas une solution pour stopper l'épidémie en cours. De plus, cette méthode ne suffira pas à elle seule et devra surement être réalisés en plus des actions classiques déjà menées.

Aller plus loin : Lutte contre le moustique tigre à La Réunion : bilan de la deuxième phase du projet Technique de l'insecte stérile — IRD

Et vous ?

Un moustique soulève son chapeau.
Moustiquiz

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