La vaccination
La vaccination

Je me vaccine, je te protège

Les chiffres de l’Organisation Mondiale de la Santé ne laissent pas de place au doute. La vaccination, c'est 2 à 3 millions de vies sauvées chaque année. À La Réunion, particulièrement exposée à certains risques, la vaccination doit encore progresser.

Parce qu'elle est située au carrefour des routes migratoires de l'océan Indien — Madagascar, Comores, Mayotte ou Maurice — La Réunion est particulièrement exposée au risque de certaines maladies infectieuses. La tuberculose, la rougeole, la polio ou la diphtérie notamment sévissent encore dans de nombreuses îles voisines (plus d'info sur le site de l'Institut Pasteur).

Or si la couverture vaccinale chez les enfants réunionnais est globalement élevée (95 %), selon l'Observatoire Régional de la Santé, des efforts restent encore à faire pour les populations plus âgées, et notamment les jeunes adultes.

Pourquoi se vacciner ?

Lorsque l’on se fait vacciner contre une maladie infectieuse, on évite de développer cette maladie en cas de contact avec l’agent pathogène et, par conséquent, on évite aussi de transmettre le microbe aux autres.

En se faisant vacciner, on se protège donc soi-même, mais on protège aussi son entourage. Réciproquement, la vaccination des autres contribue à nous protéger.

De nombreuses maladies qui ont disparu en France (ou qui sont devenues très sporadiques) évoluent encore dans d’autres régions du monde, comme la poliomyélite par exemple que l’on retrouve dans certains pays endémiques en Afrique et en Asie centrale. Si l’on arrêtait la vaccination en France, ces maladies reviendraient du fait de la migration des populations et des voyages.

Ainsi, la vaccination contre certaines maladies qui ont presque disparu en France doit nécessairement se poursuivre et ce pour 2 raisons principales :

1. La plupart des microbes à l’origine de ces maladies existent toujours. 

C'est le cas de la poliomyélite ou de la diphtérie, qui sévissent toujours dans certains pays d’Afrique et d’Asie. Les voyageurs peuvent donc les contracter et les transmettre, à leur retour, aux personnes qui ne sont pas protégées par la vaccination. 

Ces microbes restent donc un danger pour les personnes non protégées par la vaccination. Chaque année en France, on compte encore des cas de tétanos chez des personnes non vaccinées ou qui n’ont pas eu de rappel de leur vaccination. Concernant les maladies contagieuses (comme la rougeole par exemple), on sait que la présence de quelques cas peut déclencher une épidémie si la majorité de la population n’est pas protégée.

2. En empêchant la circulation de la maladie, la vaccination de la collectivité protège les personnes qui ne peuvent pas être vaccinées.

Pour des raisons médicales (allergie, maladie rendant la vaccination risquée, etc.) ou physiologiques (jeune âge, grossesse), certaines personnes ne peuvent pas bénéficier de certains vaccins. Il est donc indispensable que leur entourage soit immunisé contre certaines maladies afin de ne pas leur transmettre.

Pourquoi parle-t-on  d'immunité de groupe et comment la vaccination protège la collectivité ? 
Vidéo produite par Santé Publique France dans le cadre du portail d'information Vaccination Info Service.

La vaccination, comment ça marche ?

Lorsque nous rencontrons un virus ou une bactérie par exemple, on tombe malade. Notre corps, plus particulièrement notre système immunitaire, se défend en fabricant des anticorps contre ce microbe, pour le combattre et l’éliminer. Une fois fabriqués, ces anticorps sont conservés à vie dans notre système immunitaire : c’est ce qui permet de ne pas avoir deux fois la rougeole par exemple.

Entraînement immunitaire

La vaccination fonctionne de la même manière, tout en évitant de tomber malade. Lorsque nous recevons un vaccin, un microbe rendu inoffensif est introduit dans notre corps. Notre système immunitaire fabrique des anticorps, comme pour un microbe qui serait offensif, pour le neutraliser et l’éliminer. Si nous rencontrons un jour le vrai microbe, notre système immunitaire le reconnaîtra tout de suite grâce aux anticorps qu’il a gardés en mémoire. Il l’éliminera avant qu’il ne puisse nous rendre malade.

Parfois, il faut faire ce qu’on appelle des « rappels » car l’immunité conférée par le vaccin diminue avec le temps (par exemple le vaccin contre la poliomyélite demande des rappels tous les 20 ans alors que le vaccin contre la fièvre jaune ou le ROR sont valables à vie).

Pour mieux comprendre la vaccinologie, vous pouvez regarder cet épisode de la série Tu mourras moins bête... tirée des BDs de la Réunionnaise (d'origine) Marion Montaigne. 

Vaccinations du voyageur

Chaque année, Santé Publique France édite un bulletin épidémiologique hebdomadaire « hors série » à l’intention du voyageur afin de sensibiliser les voyageurs aux risques sanitaires en voyage en général, et aux risques spécifiques à certaines zones géographiques (paludisme, dengue, zika…).

Ce bulletin est accessible en ligne pour tous à cette adresse :

Recommandations sanitaires pour les voyageurs, 2018

 

À lire :

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À voir aussi :

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Adjuvants nocifs, risques pour la santé, lobbying :  les vaccins font régulièrement l'objet de débats houleux. Qui faut-il croire ?

Sources :

Voyages et Vaccinations — Institut Pasteur

Connaissances, opinion et comportements de la population réunionnaise à l'égard de la vaccination — ORS-OI, 2018

Vaccination Info Service — Santé Publique France

Diagnostic : Situation sanitaire à La réunion et à MayotteARS-OI, Janvier 2017

Cet article a été réalisé avec des professionnels de santé de La Réunion

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