Ménopause : Surmonter l’impact psychologique

La ménopause est une période de grand chamboulement hormonal. Et au-delà des bouleversements physiques, ce changement peut jouer sur le moral. Le Pr Von Theobald, gynécologue, et le Dr David Goulois, psychologue, nous en disent plus.

Bien vivre sa mémopause, c'est possible !

La ménopause intervient chez chaque femme aux alentours de 50 ans (entre 40 et 60 ans) et se caractérise par l’arrêt de la production d’œstrogènes et de progestérone par les ovaires. Fin des menstruations (règles), perte de la fertilité, sécheresse vaginale… cette interruption provoque de nombreux changements physiques, qui peuvent avoir un grand retentissement sur le moral. Alors pourquoi ne pas se faire aider ?

Ménopause : le grand chamboulement

« La ménopause est un passage difficile, soulève le Professeur Von Théobald, responsable du service Gynécologie - Obstétrique du CHU de Saint-Denis. La chute des hormones peut provoquer des bouffées de chaleur, un sommeil de mauvaise qualité, une prise de poids qui engendrent un mal-être global. A cette période, les femmes sont aussi souvent confrontées au syndrome du nid vide : lorsque les enfants partent, les parents se retrouvent en tête-à-tête après qu’ils ont focalisé leur attention pendant des années sur les enfants. Certaines femmes peuvent alors se sentir tristes et déprimées. Et en même temps la ménopause arrive : elles peuvent avoir l’impression que tout leur tombe sur la tête en même temps. »

« Même si la ménopause est une étape naturelle dans la vie d’une femme, elle n’est pas simple à vivre, confirme le Docteur David Goulois, psychologue, psychothérapeute et sexologue. Elle va aussi devoir faire le deuil de la fécondité. Et en cas de ménopause précoce, ça peut être très difficile. Ne plus pouvoir avoir d’enfant, perdre cette capacité, peut renvoyer une image négative, pour soi comme pour la société. Si la femme a construit son identité autour de l’idée d’être mère, cette perte d’identité pourra la perturber, notamment si elle n’a pas eu l’occasion de l’être. Une femme sans enfant est par ailleurs souvent mal perçue par la société, et une femme qui ne peut plus en avoir est souvent perçue comme ‘vieille’. Un sentiment d’inutilité peut alors apparaître ».

« Mais une femme de 50 ans en 2022 n’est pas comme une femme de 50 ans ayant vécu il y a plusieurs générations : aujourd’hui elle est encore jeune, dynamique, et ne doit pas considérer la ménopause comme la fin de sa vie sexuelle, de sa vie de séduction ou de sa vie de plaisir », poursuit le Professeur.

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Accompagner sa ménopause

S’il est incontournable de se faire accompagner, par un médecin généraliste, un gynécologue ou une sage-femme formée, en période de ménopause, il peut aussi être utile de chercher un soutien psychologique. Les médecins peuvent d’ailleurs désormais prescrire des séances de psychologue, pour un remboursement jusqu’à 8 séances par an.

Le Dr Goulois relève en effet que peut parfois s’installer « une dépression à cette période, qu’il est nécessaire d’accompagner par une prise en charge psychologique.

Certaines femmes, notamment celles qui n’ont pas pu donner la vie, peuvent par ailleurs ressentir la perte de leur capacité à procréer comme une atteinte narcissique, une atteinte à leur estime de soi. Elles peuvent alors envisager de recourir à l’adoption.

Dans tous les cas, recevoir du soutien est primordial : soutien psychologique par un professionnel, soutien familial, soutien amical, etc. Il est aussi intéressant de partager ses sentiments, ses inquiétudes, ses questionnements avec d’autres femmes qui traversent ou ont traversé les mêmes difficultés, pourquoi pas sur des forums internet », conseille le psychologue.

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Retrouver l’estime de soi

Accompagner sa ménopause, c’est aussi ‘reprendre le contrôle’ sur son corps, retrouver son estime de soi.

« Être femme ne se résume par à être mère, rassure le Dr Goulois. C’est aussi être la professionnelle, la collègue, l’amie, l’amante. C’est vivre sa féminité, prendre conscience de son charme, cultiver la séduction, par son image ou ses comportements. »

C’est pourquoi, d’après Peter Von Theobald, « il est également important pour les femmes de réfléchir à une prise en charge de leur bien-être global, mais aussi esthétique ou cosmétique, afin de conserver ou d’améliorer leur image d’elles-mêmes si elles le souhaitent. »

Tous nos articles sont rédigés avec l'aide de professionnels de santé de La Réunion.

Publié le 7 Avril 2022

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