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Covid-19 : Comment avoir confiance dans un vaccin si récent ?

Une campagne de vaccination contre le coronavirus a démarré le 27 décembre 2020 en France. Des vaccins gratuits et sans obligation. Mais la question de la confiance dans un vaccin créé en si peu de temps interroge beaucoup de Réunionnais.

La campagne de vaccination pour lutter contre l'épidémie de covid-19, gratuite et sans obligation, est depuis peu déployée en France et bientôt à La Réunion. En attendant, sur les réseaux sociaux, une question revient : "depuis quand un vaccin i fé en 2 jrs ? "

Comment avoir confiance dans un vaccin si récent ?

Si la Covid-19 est une maladie récente, le procédé de la vaccination ne l'est pas lui ! Les scientifiques à la manœuvre pour développer un vaccin contre l'épidémie le SARS-CoV-2 ne sont pas partis de rien.

Les laboratoires qui se sont lancés dans la course au vaccin pour lutter contre la pandémie de Coronavirus ont bénéficié des travaux déjà réalisés pour la mise au point de vaccins contre d’autres coronavirus, le SRAS-CoV et le MERS-CoV notamment.

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Même les nouveaux procédés utilisés, comme les vaccins à ARN messager (fabriqués à partir du code génétique du virus - voir encadré suivant) ne sont pas si nouveaux : des chercheurs travaillent sur ce type de vaccin depuis les années 1990. Fabriqués à partir du code génétique du virus, cette technique permet d'informer notre système immunitaire sur la stratégie à adopter pour combattre le virus lorsqu'il y sera confronté.

ADN, ARN, qu'est ce que c'est et comment ça marche ?

Depuis le début de la pandémie, beaucoup de nouveaux mots (ou plutôt des mots auparavant employés surtout par les scientifiques et les médecins) sont apparus : "comorbidités", "clusters", "anosmie" ou encore "ARN". Pourquoi l'ARN est il aussi important ?

L’ADN (pour acide désoxyribonucléique), tout le monde en a entendu parler : pour imager, il s'agit d'un livre d'instructions qui indiquerait la façon de construire et de fonctionner d'un être vivant (insectes, être humains, animaux, plantes...tous ont de l'ADN). Cet ADN est constitué de gènes qui sont à l'origine de nos caractéristiques individuelles : couleur des yeux, taille de nos os...tout ! Chaque être vivant a sa copie unique d'ADN, et c'est ce qui fait que personne ne se ressemble. Cet ADN est enfermé dans le noyau de chaque cellule de notre corps. Quand une cellule se divise, cet ADN est répliqué à l'identique pour la nouvelle cellule. Si une modification se produit au niveau d'un gène lors de cette réplication, on parle de mutation.

Pour que le corps fonctionne, il faut des protéines. Ces protéines sont synthétisées à l’intérieur de nos cellules grâce à l'ADN qui donne les instructions. Pour passer de l'ADN à une protéine, l’intermédiaire est ce fameux ARN messager (pour acide ribonucleique) : l'ARN correspond à une copie d'une région de l'un des brins de l'ADN. L'ARN sera en fait un peu l'ADN de la protéine.

Alors pourquoi parle t-on de virus à ARN ? En fait, les virus peuvent avoir leur matériel génétique sous forme d'ADN ou d'ARN. Ces caractéristiques sont utilisées pour classer les différents virus. Les virus à ARN ont l’avantage de ne pas avoir besoin de pénétrer dans le noyau des cellules pour pouvoir se répliquer, car ils ont le plus souvent leur propre système de réplication. Il leur suffit donc de rester à coté du noyau des cellules. Et le cornavius-19 est un virus à ARN.

C'est la raison pour laquelle on parle de "vaccin à ARN".

Le principe de la vaccination en général est simple : il consiste à injecter une forme atténuée ou inactivée d’un agent infectieux ou de certains de ses composants dans l’organisme pour le préparer à un contact ultérieur avec cet agent. La vaccination permet ainsi de développer des cellules immunitaires « mémoires », capables de reconnaître à nouveau immédiatement cet agent si l’individu venait à y être exposé « naturellement ».

Dans le cas de la vaccination contre la covid, un morceau seulement de l'ARN du virus est injecté ; cette séquence contient des instructions pour la production d’une protéine du coronavirus. Les cellules du corps peuvent donc fabriquer elles-mêmes cette protéine choisie pour sa capacité à déclencher une réponse protectrice. Ainsi, lorsque la personne vaccinée est confrontée au coronavirus, son corps est armé pour le repousser. Et si vous avez bien lu cet encadré et tout compris, vous en déduirez que l’ARN injecté via le vaccin n’a aucun risque de transformer notre génome ou d’être transmis à notre descendance puisqu'il ne pénètre pas dans le noyau des cellules ! Or, c’est dans ce noyau cellulaire que se situe notre matériel génétique.

Peut on attraper la Covid-19 une fois vacciné ?

"Les données que nous avons indiquent que les vaccins empêchent de développer une forme sévère de la maladie, mais cela ne veut pas dire que nous ne pouvons pas être infectés et la transmettre à n’importe qui", a déclaré dernièrement, Ruth Karron, directrice du Centre de recherche vaccinale de l’université américaine Johns Hopkins, auprès de la revue Science. Autrement dit, oui, on pourrait être infecté et contagieux, même vacciné.

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Vaccination face aux nouvelles souches du virus

Les données existantes aujourd'hui indiquent que le vaccin est efficace contre les différentes souches de coronavirus connues.

Quels sont les effets secondaires du vaccin ?

Comme pour tous les vaccins, des effets secondaires peu graves peuvent apparaitre dans les heures qui suivent l'injection. Il s'agit de rougeur, de gonflement, de durcissement ou de douleur au niveau de la zone d'injection. Ces effets disparaissent au bout de quelques heures ou quelques jours tout au plus.

Des réactions plus générales peuvent également survenir : fièvre, malaise, douleurs musculaires ou maux de tête.

Les effets indésirables graves des vaccins, c'est-à-dire ceux pouvant entrainer une invalidité, une hospitalisation, ou mettre la vie du patient en danger sont d'après les premières données très rares.

Faut-il continuer à appliquer les gestes barrières une fois vacciné ?

Oui ! comme vu plus haut, le vaccin protège contre les formes pulmonaires et donc graves de la maladie, mais a priori pas contre le fait d'être contaminé et contagieux. Les gestes barrière restent donc de mise pour protéger les autres.

Certains médecins encouragent même à poursuivre les gestes barrières une fois la couverture vaccinale contre la covid-19 assurée. Parce que les gestes barrières permettent de stopper d'autres virus, comme la grippe notamment. Sans parler du port du masque, se laver les mains régulièrement, éternuer dans son coude, éviter la bise ou les poignées de main en période d'épidémie de grippe ou de gastro permet de diminuer de manière importante le nombre de cas.

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Est-on immunisé si on a déjà eu le coronavirus ?

L'immunité, c'est le fait d'être protégé contre une maladie infectieuse, soit parce qu'on a été vacciné, soit parce que l'on a déjà attrapé cette maladie. Dans les deux cas, notre corps a déjà rencontré le virus et sait se défendre.

A ce jour et selon les données de la littérature, sur plus de 60 millions de cas de covid 19 recensés, on n'a pu confirmer qu'une dizaine de cas de réinfection, ce qui est infime. Il y aurait donc bien une immunité acquise après l'infection. La question étant de savoir combien de temps elle dure : quelques mois, quelques années, à vie ? Cela serait très variable d'un individu à l'autre, car nous ne sommes pas égaux concernant la réponse immunitaire (variable génétique, environnementale, individuelle...). Seul le temps permettra de répondre à cette question.

AstraZeneca et trombose : quel est le risque ?

L'Agence du médicament (ANSM) a reconnu un risque de thrombose atypique associé au vaccin AstraZeneca contre le Covid-19, mais ce risque reste « rare ». Surtout, la balance bénéfices/risques reste en faveur du vaccin. En effet,  l'ANSM explique : « Neuf cas de thromboses des grosses veines, atypiques par leur localisation [cérébrale en majorité, mais également digestive], pouvant être associés à une thrombopénie [diminution du nombre de plaquettes dans le sang] ou à des troubles de coagulation ont été déclarés. » Pour essayer d'y pallier, la Haute Autorité de Santé recommande de le réserver aux personnes de 55 ans et plus car la plupart des cas de thrombose veineuse cérébrale sont observés chez des moins de 55 ans.

Rappelons que le vaccin Astra Zeneca n'étant efficace qu'à 10% sur le variant sud africain, il ne sera pas deployé à La Réunion.

Dans son avis publié le 30 novembre 2020, la Haute Autorité de Santé (HAS) a établi les grandes ligne de la campagne de vaccination contre la covid-19.

  • Fin décembre ou début janvier, la HAS recommande de vacciner d’abord les personnes âgées qui résident en établissement (par exemple en EHPAD) et les personnels qui y travaillent. 1 million de personnes sont concernées.
  • Entre le mois de février et jusqu’au printemps, ce sont 14 millions de personnes présentant un facteur de risque lié à l’âge ou une pathologie chronique ainsi que certains professionnels de santé qui seront concernés.
  • Puis à partir du printemps, la vaccination sera ouverte à l’ensemble de la population, gratuitement et sans obligation.

Encore plus de réponses à vos questions sur le vaccin contre la COVID-19 dans la Foire Aux Questions (FAQ) de l'Assistance Publique des Hôpitaux de Paris (APHP).

Plusieurs questions y sont traitées notamment :

  • Le vaccin à ARN est-il sûr et efficace ?
  • Avons-nous ou pas intérêt collectivement et individuellement à se faire vacciner ?
  • Le mythe inquiète, quelle est la réalité ? 

Sources :

Tous nos articles sont rédigés avec l'aide de professionnels de santé de La Réunion.

Publié le 12 janvier 2021

Mis à jour le 6 avril 2021

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