Cancer de la prostate : facteurs de risque et dépistage

Le cancer de la prostate est le premier cancer chez l’homme de plus de 50 ans à la Réunion, comme en métropole. Il représente prés de 25 % de l’ensemble des cancers chez l’homme avant celui du poumon (16%).

Le cancer de la prostate touche aussi la population de La Réunion 

À La Réunion, le cancer de la prostate constitue la 2ème cause de mortalité par cancer chez l’homme. Quels sont les facteurs de risque identifiés et existe t-il un dépistage organisé ?

Les facteurs de risque du cancer de la prostate

Exceptionnel chez les hommes de moins de 50 ans (0,5% des cas), le cancer de la prostate touche principalement les plus de 70 ans (âge moyen au diagnostic 74 ans ; 45% diagnostiqués après 75 ans). L'âge est donc le principal facteur de risque.

Les antécédents familiaux entrent également en jeu. Les hommes ayant au moins deux parents proches (un frère, leur père, un grand-père, un oncle...) touchés par un cancer de la prostate ont un risque augmenté d’être également touchés. Même si cela n'a pas été démontré, il est donc possible qu’il existe une susceptibilité génétique à la maladie. Attention néanmoins : 80% des cancers de la prostate sont isolés, c'est à dire sans aucun antécédant familiaux. N'avoir personne de sa famille qui a été touché ne met donc pas à l'abri.

L'exposition à certains facteurs environnementaux, comme les métaux lourds ou les pesticides, est suspectée mais encore en discussion (le scandale du Chlordécone aux Antilles en est un exemple).

EN VIDÉO | CHECK UP - CANCER ET DÉPISTAGE

Dépistage : avantages et inconvénients

Au contraire des cancers colorectal, du sein ou du col de l’utérus, il n'existe pas de dépistage organisé (DO) du cancer de la prostate. En effet, aucune étude à ce jour n'a permis de mettre en évidence son efficacité, si bien que ni en France, ni à l’étranger, aucune autorité de santé ne recommande de dépister systématique le cancer de la prostate. Cela résulte du fait qu'on ne sait pas distinguer les cancers de la prostate qui vont devenir agressifs (et qui doivent être soignés), des cancers qui vont rester « latents », c'est-à-dire qui ne se développeront pas et qui ne nécessitent pas de traitement. Or, c'est 50/50 : 50% seront agressifs et 50% resteront latents. Ainsi, à dépister tous les cancers, on risquerait d’opérer un patient ou de lui donner un traitement, dont il n’aurait pas eu besoin

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Deux examens de dépistage de cancer de la prostate sont possibles :

  • Le toucher rectal (examen de la prostate en introduisant un doigt ganté dans le rectum).
  • Le dosage du PSA (prostatique spécifique antigen) permet, via une prise de sang, de mesurer le taux de PSA dans le sang.

Ces deux examens sont insuffisamment fiables :

  • Un toucher rectal normal n’exclut pas un cancer car cet examen ne permet de détecter que des tumeurs palpables, donc avancées.
  • Si le taux de PSA est élevé, cela peut être la marque d’un cancer de la prostate mais aussi d’autres maladies comme une hypertrophie bénigne de la prostate ou une infection (prostatite) ou cela peut survenir après une activité de vélo par exemple. Ainsi, devant une augmentation des PSA, des examens complémentaires seront le plus souvent prescrits pour vérifier la présence d’un cancer. Dans 70 % des cas, il s’avère qu’un taux de PSA élevé n'est pas lié à un cancer de la prostate.

Les avantages du dépistage du cancer de la prostate

  • Il rassure si les résultats médicaux sont normaux : dans 90 % des cas un taux de PSA faible signifie qu'il n'y a pas de cancer de la prostate.
  • Si le dosage des PSA est élevé, cela peut être la marque d’un cancer de la prostate et donc permettre de le détecter à un stade précoce, avant l’apparition d’éventuels symptômes.

Les inconvénients du dépistage du cancer de la prostate

  • Les résultats médicaux peuvent être faussement normaux et rassurer à tort :
    • Un toucher rectal normal n’exclut pas un cancer (cet examen ne permet de détecter que des tumeurs palpables).
    • 10 % des hommes ayant un taux de PSA faible ont un cancer de la prostate.
  • Il peut détecter un cancer de la prostate qui n'aurait pas évolué ou très lentement et dont les soins n'auraient pas été nécessaires.
  • Le dépistage peut vous rendre anxieux et entraîner des examens médicaux inutiles.

Si vous avez des questions sur le dépistage du cancer de la prostate, n'hésitez pas à en parler avec votre médecin traitant.

Pour aller + loin :  Reconnaître le cancer de la prostate | ameli.fr

Sources :

  • Le dépistage du cancer de la prostate - ameli.fr

  • Dépistage du cancer de la prostate - e-cancer.fr

  • Cancer de la prostate à la Réunion - ors-reunion.fr

  • Prévention des cancers : informations spécifiques pour La Réunion - inrae.fr

  • Recommandations pour la prise en charge du cancer de la prostate chez l'homme âge... - urofrance.org

  • Cancer de la prostate : les facteurs de risque - curie.fr

Tous nos articles sont rédigés avec l'aide de professionnels de santé de La Réunion.

Publié le 12 Septembre 2022

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