Compléments alimentaires : ce qu’il faut savoir

De plus en plus consommés, les compléments alimentaires sont censés nous aider à pallier des carences, mincir, booster notre immunité… Sont-ils efficaces ? dangereux ? Les réponses avec Magali Tarnus, diététicienne nutritionniste.

Les compléments alimentaires sous plusieurs formes.

Ces gélules, poudres, ampoules, comprimés et autres pastilles ont envahi les rayons des pharmacies, supermarchés et même des sites de vente en ligne. Mais que sont vraiment ces compléments alimentaires ? Le Parlement européen(1) les définit comme des « denrées alimentaires dont le but est de compléter le régime alimentaire normal et qui constituent une source concentrée de nutriments ou d'autres substances ayant un effet nutritionnel ou physiologique seuls ou combinés… »

En d’autres termes, « ils apportent ce que l’alimentation n’apporte pas, ou pas en quantité suffisante », précise Magali Tarnus.

On retrouve donc dans cette catégorie de nombreux produits à base de vitamines, de minéraux d’extraits de plantes, et de molécules indispensables au bon fonctionnement du corps.

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Compléments alimentaires = médicaments ?

Non ! Les compléments alimentaires ne sont pas des médicaments. Ils ne nécessitent d’ailleurs pas d’autorisation de mise sur le marché (AMM) et dépendent du Code de la consommation. En France et à La Réunion, ils font toutefois l’objet de déclarations auprès de la Direction de la Concurrence, de la Consommation et de la Répression des Fraudes (DGCCRF), qui contrôle rigoureusement leur composition.

Autres différences avec les médicaments : les compléments alimentaires sont vendus sans ordonnance et se prennent toujours par voie orale.

Par définition, ils ne peuvent donc revendiquer aucun effet thérapeutique. Ils portent pourtant souvent une mention de leurs vertus : les allégations nutritionnelles ou les allégations santé (par exemple : « source de vitamines » ou « le bouleau favorise les processus de détoxification du corps »). Celles-ci sont également strictement encadrées et limitées par un règlement européen(2).

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Pourquoi utiliser des compléments alimentaires ?

« Parce que l’alimentation n’apporte pas [toujours] suffisamment de nutriments par rapport à nos besoins, explique Magali Tarnus.

D’une part les aliments ont une teneur de plus en plus réduite en nutriments (vitamines, minéraux…) [du fait des modes de cultures intensifs ou des produits ultra-transformés, NDLR]. D’autre part, bien qu’un régime alimentaire équilibré soit nécessaire pour être en bonne santé, nos rythmes de vie actuels ont parfois tendance à gêner cet équilibre. Dans ce cas, il peut être judicieux d'opter pour des compléments alimentaires afin de pallier les possibles déficits d'apports.

Le magnésium, par exemple, qui nous aide à bien gérer le stress, est insuffisant dans l’alimentation pour faire face aux énormes facteurs de stress que sont le bruit, les métiers d’aujourd’hui, les écrans, le manque d’espaces verts, les voitures, la pollution, etc. »

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Les compléments alimentaires sont-ils bons pour la santé ?

« Cela dépend de chacun d’entre nous, nuance Magali Tarnus. Il faut prendre les compléments alimentaires dont on a besoin en cas de carences. Et choisir ceux dont on est sûr de la provenance et de la qualité, car on trouve tout et n’importe quoi ».

Les carences alimentaires (déséquilibre entre les apports et les besoins de notre corps) qui nécessitent de prendre des compléments se retrouvent le plus souvent chez les enfants, les femmes enceintes ou les personnes âgées. Cela peut aussi être le cas chez les personnes ayant adopté des régimes alimentaires particuliers. Le végétarisme, le végétalisme ou le véganisme par exemple, qui écartent tout ou partie des aliments d’origine animale, peuvent nécessiter des apports en vitamine B12 ou en acides gras.

Y a-t-il un risque à utiliser des compléments alimentaires ?

« Oui. Le principal risque est que les compléments alimentaires interfèrent avec un traitement médical ou une pathologie, met en garde la diététicienne. Certaines populations fragiles comme les bébés, les enfants et les femmes enceintes ou allaitantes peuvent également être exposées à un risque supplémentaire. Les compléments alimentaires ne sont pas des médicaments mais ce ne sont pas non plus des bonbons ! »

Autre risque : le « surdosage », c’est-à-dire le dépassement des limites de sécurité de certaines molécules, notamment dans le cadre d’une alimentation équilibrée. La DGCCRF impose d’ailleurs que l’étiquetage des compléments alimentaires comporte « la portion journalière de produit dont la consommation est recommandée », « un avertissement contre le dépassement de la dose journalière indiquée » en plus de la liste des ingrédients et de « la quantité de certains ingrédients ou catégories d’ingrédients mis en valeur »(4).

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Comment limiter ces risques ?

En étant toujours vigilant et en respectant quelques recommandations(3) !

  • Toujours demander conseil à un professionnel de santé avant d’utiliser un complément alimentaire,
  • Éviter les prises prolongées, répétées ou multiples,
  • Respecter les conditions d’emploi (notamment les dosages),
  • Faire attention aux produits présentés comme miraculeux,
  • Privilégier les produits vendus dans les circuits les mieux contrôlés (pharmacies, etc.),
  • Signaler à un professionnel de santé tout effet indésirable faisant suite à la consommation d’un complément alimentaire.

Magali Tarnus conclut : « il nous manque très souvent des nutriments. Adopter une alimentation équilibrée me paraît le plus important dans un premier temps : des légumes à chaque repas, des féculents, de la protéine (végétale ou animale), du calcium (produits laitiers ou végétaux comme les brèdes, amandes, brocolis…), de bonnes matières grasses (huile d’olive, colza, lin…), peu de sucre ajouté (éviter les boissons sucrées, la nourriture de fast food…).

Dans un second temps, il est très intéressant de se supplémenter en magnésium pour limiter l’irritabilité, la fatigue (musculaire ou mentale), le stress. Le reste est à réfléchir et à décider avec un professionnel de santé : pharmacien, médecin ou diététicien nutritionniste. »

Sources:

  • (1) Directive 2002/46/CE du Parlement européen, transposée par le décret n°2006-352 du 20 mars 2006
  • (2) règlement (CE) n°1924/2006
  • (3) recommandations de l’ANSES, Agence nationale de sécurité sanitaire de l’alimentation, de l’environnement et du travail:  l'ANSES - Compléments alimentaires 

Publié le 19 Janvier 2022

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